Kirikomi, Maebashi, 2017.

A Maebashi comme dans beaucoup d’autres villes du monde, il y a des artistes avec des oeuvres très différentes et qui explorent à la leur façon les chemins de l’art. S’il n’ y a pas d’écoles d’artistes de Maebashi, il y a du fait de la grande diversité des propositions artistiques, une question qui peut se poser : qu’est-ce que l’art aujourd’hui dans cette ville, ici, ou ailleurs dans le monde ?

Aujourd’hui, n’est pas anodin…

Le XXIe siècle est particulièrement prolifique sur un pourquoi, un comment de l’art. On peut se demander si toutes ces questions qui se posent ne menacent pas son existence intellectuelle, car toutes les réponses s’entremêlent et se nourrissent chacune des matières de l’autre, l’art pourrait se dissoudre dans ses hypothèses productives, en devenant toutefois, le signal, l’énergie qui anime la réflexion.

L’art a bonne mémoire. Il se souvient de ses révolutions passées pour structurer ses révolutions futures. Il a montré ainsi qu’il pouvait être technique, politiques, émotions, harmonie, chaos, social, économique, philosophique, moral, religieux, mathématique, quotidien, formel, physique, plastique, fonctionnel, qu’il recoupait nos vies dans ses moindres détails et finissait par nous définir.

Cependant, selon Wagner et la musique qui est faite de silences installés entre les notes. Résonnance. L’art pourrait être ce qui est entre les choses… Autrement dit, il pourrait être le déplacement, un principe ondulatoire entre les choses, les disciplines, les hommes… fait d’absence, de mouvement et formant la liaison.

L’art se dilue dans les problématiques et des pratiques quotidiennes, et par là même, il en devient le principal moteur philosophique ; à la façon de l’huile qui permet aux engrenages de s’entrainer ; le silence qui permet aux notes de produire l’harmonie ou la cacophonie musicale.

Pour exprimer cette idée, j’ai rencontré Mr Osaki qui possède une boutique de couteaux dont le métier est d’affuter les lames de ce qui coupe, couteaux, scies, ciseaux, haches, gouge, ciseaux à bois, burin, instruments de jardinage…

La maison Osaki depuis 1951 ans fournit les différents métiers de Gunma en outils. Monsieur Hisao Osaki a travaillé pour les artisans et paysans de la région qui lui ont confié leurs outils afin que ceux soient le plus performant possible, pour exécuter au mieux leurs tâches. Mr Osaki et son expérience illustrent cette idée de ce qui fait liaison entre les hommes et leur métier. Cette idée du vide, du retrait de la matière, doit se faire avec un certain était d’esprit, car il y a des règles pour maîtriser les éléments, il doit y avoir un sens à l’action de l’homme dans le monde.

GS, à Maebashi, 19 janvier 2017